Manger au volant : que dit la loi ?


  • Publié le 04 septembre 2021 par Diane Moreau

L'interdiction de manger au volant est soumise à la même ambiguïté légale que celle de fumer en conduisant. Le Code de la route ne stipule pas d'interdiction formelle pour la prise d'un repas en conduite, mais un agent des forces de l'ordre pourrait tout de même vous verbaliser s'il considère que votre comportement vous empêche de réagir sans délai à toute manœuvre nécessaire. Même si manger en conduisant n'est pas clairement interdit, cela reste un comportement très dangereux à éviter pour assurer la protection routière des usagers.

Sommaire :

Est-ce interdit de manger au volant ?

Manger au volant, que ce soit pour consommer un sandwich, une pomme ou encore un pain au chocolat n'est pas une action formellement interdite par le Code de la route. En effet, le texte ne stipule pas d'interdiction sur ce point précis. Il est donc possible, en théorie, de manger en conduisant.

Par contre, l'article R.412-6 du Code de la route stipule clairement que :

« I. Tout véhicule en mouvement ou tout ensemble de véhicules en mouvement doit avoir un conducteur. Celui-ci doit, à tout moment, adopter un comportement prudent et respectueux envers les autres usagers des voies ouvertes à la circulation. Il doit notamment faire preuve d'une prudence accrue à l'égard des usagers les plus vulnérables.

II. Tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent. Ses possibilités de mouvement et son champ de vision ne doivent pas être réduits par le nombre ou la position des passagers, par les objets transportés ou par l'apposition d'objets non transparents sur les vitres. »

Ce texte de loi signifie, entre autres, que tout élément pouvant diminuer la réactivité de l'automobiliste à réagir à un événement est interdit en voiture. Un agent des forces de l'ordre pourrait tout à fait considérer que cette action constitue une infraction. Celui-ci pourrait s'appuyer sur le fait que le conducteur n'a pas ses deux mains posées sur le volant, entrainant ainsi une perte de réactivité.

Manger au volant

Manger en conduisant : quels sont les dangers ?

Même si le Code de la route n'interdit pas de manger, contrairement à téléphoner en conduisant, cette action reste très dangereuse pour le conducteur et pour les autres usagers de la route.

Manger au volant est encore aujourd'hui une cause d'accidents mortels, liée notamment au fait que le conducteur ne puisse pas tenir le volant correctement avec ses deux mains dans les positions recommandées de 9h15 ou 10h10.

En mangeant, le conducteur risque d'être également distrait et moins attentif à ce qui se passe sur la route, il peut ainsi dévier involontairement la trajectoire de sa voiture, ne pas réagir à temps à un événement imprévu à cause de l'augmentation de son temps de réaction ou encore être déconcentré à cause d'une tache de nourriture.

Tout comme fumer au volant, consommer de la nourriture entraine de nombreux risques, en diminuant l'attention des conducteurs, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques en termes de sécurité routière.

Il est préférable de déjeuner avant de prendre le volant ou bien de s'arrêter sur un emplacement de stationnement automobile pour consommer son repas. Cela permettra au conducteur d'être plus concentré et d'avoir toutes ses capacités disponibles pour conduire sereinement.

Manger au volant : les sanctions possibles

Comme nous venons de l'expliquer, l'interdiction de manger est soumise à l'appréciation de l'agent de police qui détermine s'il y a eu entorse ou non au Code de la route.

En cas d'infraction avérée, le policier peut verbaliser le conducteur avec une contravention de deuxième classe et une amende forfaitaire de 35 euros. Aucun retrait de points sur le permis de conduire ne peut être appliqué pour cette infraction. Les sanctions sont exactement les mêmes que pour l'usage de la cigarette par le conducteur et sont mentionnées dans l'article R.412-6 :

« III. Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions du II ci-dessus est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe. »

De plus, en fonction du contrat d'assurance auto de l'usager, cette dernière peut refuser toute indemnisation s'il s'avère que le conducteur a commis un accident alors que celui-ci était en train de manger au volant. L'indemnisation auprès des tiers sera toujours prise en charge par l'assurance auto, mais celle concernant directement le conducteur ou son véhicule risque de ne pas l'être.